👨 [ 464 ] Hallyday Johnny (15 juin 1943-5 décembre 2017, 74 ans) est un chanteur et auteur-compositeur-interprète français {France} dont la carrière a été active de 1960 à 2017.
🎶 Ballade - Blues - Chanson française - Country - Folk - Hard rock - Pop - Rhythm'n'Blues - Rock - Twist.
Johnny a reçu plusieurs surnoms durant sa carrière : l'idole des jeunes - le taulier - le patron - le boss.
"Johnny" est le fils d'Huguette Clerc (1920-2007) et de Léon Smet (1908-1989).
Huguette a une formation de coiffeuse mais elle a dû renoncé à ce métier pour des raisons de santé. En 1939, elle travaille dans une crèmerie à Montmartre (Paris).
Elle rencontre Léon Smet vraisemblablement en 1941. Léon est l'époux en secondes noces de Jacqueline Harpet qui vient de le quitter pour Alain Trutat (1922-2006) (=qui fut le confondateur de France Culture).
En 1942, Huguette et Léon s'installent ensemble. Huguette est enceinte.
Le 15 juin 1943, elle accouche d'un garçon qu'elle prénomme Jean-Philippe Léo (Jean en hommage à sa mère, Philippe prénom qu'elle trouve beau et Léo pour faire plaisir à Léon).
L'enfant porte le nom de sa mère, car son père étant marié à une autre, la loi belge en vigueur à l'époque, n'autorise pas ses ressortissants à reconnaître un enfant adultérin.
L'idylle du couple ne dure pas et un soir de février 1944, Huguette rentre chez elle, trouve son appartement vide et son fils allongé sur le plancher avec une simple couverture.
Léon est parti dans la journée avec une autre, en emportant mobilier et berceau, qu'il revend pour débuter une nouvelle vie.
Le 7 septembre 1944, Léon, récemment divorcé, réapparait le temps de signer un contrat de mariage avec Huguette. Elle ne souhaite pas que leur enfant demeure "né de père inconnu", alors le 10 septembre 1944, Jean-Philippe Smet est baptisé. Il a pour parrain Alain Trutat et comme marraines ses deux cousines Desta (1924-2011) et Menem Mar (1925-1980).
Léon repart peu après le baptème.
Après la naissance de Jean-Philippe, Huguette Clerc reprend une activité professionnelle. Elle est employée comme mannequin de cabine pour des couturiers : Rochas, Lanvin, Fath, Dior, ect...
Son métier lui laisse peu de temps, elle confie son fils à Hélène Mar (1888-1972) qui devient pour l'enfant une figure maternelle de substitution, aidée de ses filles Desta et Menem.
Le 28 mars 1945, l'époux d'Hélène, Jacob Mar est arrêté pour faits de collaboration car il a été présentateur à Radio-Paris, la radio de propagande nazie. Ce qui compromet la carrière de première danseuse étoile de ses filles. Il est condamné à cinq ans de prison en 1946, bien qu'il ait été dégagé de l'accusation d' "intelligence avec l'ennemi". il obtient une grâce et recouvre la liberté le 10 juillet 1948.
Après 1945, dans une France marquée par la guerre et avec un père absent, Jean-Philippe est traité de "fils de Boche", de "bâtard" et de "fils de divorcé", stigmates sociaux que la légende de Johnny va (plus tard) récupérer pour les convertir en signes positifs.
A 3 ans, Jean-Philippe entame une vie d'enfant de la balle, au gré du travail de danseuses classiques de ses cousines. Fin 1946, Hélène, ses filles et son neveu s'installent à Londres pour deux ans. En 1949, Desta rencontre Lee Lemoine Ketcham, un danseur américain connu sous le nom de scène de Lee Halliday. En couple à la ville, ils forment avec Menem le trio "Desta, Menem and Lee", qui se produit à travers l'Europe durant trois ans. Lorsque Menem les quitte, Desta et Lee forment le tandem "Les Halliday's" et se produisent durant six années encore sur diverses scènes européennes. Hélène s'occupe de l'intendance, des costumes et de la formation scolaire et artistique de son neveu.
A ses débuts Johnny Hallyday sera parfois moqué par la presse de n'avoir pas fréquenté assidument l'école, ce qui exaspérait Lee Halliday : Jean-Philippe était bilingue à six ans, il parlait anglais et chantait en trois langues et lisait de la musique à dix ans mais de ça on ne parle pas.
Lee Halliday est aux yeux de Jean-Philippe une incarnation du "rêve américain", il devient son père de coeur. Lee surnomme l'enfant "Johnny".
Inscrit à l'école des enfants du spectacle, Jean-Philippe suit des cours par correspondance et apprend la danse classique. A Paris, il suit des cours de théâtre.
"Johnny" apprend le violon, instrument qu'il déteste et finit par échanger, au grand dam de ses aînés, contre une guitare.
Dés l'âge de 9 ans, il occupe la scène pendant les changements de costume de Desta et Lee, en chantant des chants traditionnels français ou américains. Il monte officiellement sur scène pour la première fois le 13 juin 1956 en première partie du spectacle des Halliday's à Copenhague où il chante "La ballade de Davy Crockett" habillé en cow-boy.
Jean-Philippe obtient divers petits rôles : il est figurant dans "Les diaboliques", tourne une réclame (=publicité) pour une marque de vêtements, participe à l'émission "Martin et Martine" (1953-1957) où il chante "Dans les plaines du Far-West".
A 14 ans, en voyant au cinéma le film "Amour frénétique", il découvre Elvis Presley et le rock'n'roll. C'est une révélation et, convaincu d'avoir trouvé sa voie, il décide de devenir rockeur.
Johnny commence sa carrière avec le soutien de ses proches, notamment de son cousin Lee Halliday, son premier mentor, son pygmalion et agent artistique qui le produit.
Convaincu que le rock'n'roll peut s'imposer en France, Lee Halliday fait envoyer d'Amérique, par sa famille, des disques de rock qui permette à Johnny de faire son apprentissage.
Claude Moine (Eddy Mitchell) a 16 ans lorsqu'il rencontre Johnny qui en a 15 pour la première fois. Il se souvient : "Johnny avait beaucoup de disques américains qu'on ne pouvait pas acheter en Europe, ce qui me permettait d'écouter tout ce que je ne pouvais pas écouter autrement, si bien qu'on passait souvent des après-midi et des soirées à écouter Presley, Bill Haley et des tas d'autres trucs qui n'étaient pas encore disponibles chez nous".
A partir de 1958, Johnny fréquente le Golf Drouot qui deviendra le temple du rock français. Il y retrouve d'autres confrères et concurrents : Long Chris, Dany Logan, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. Johnny chante des reprises et des adaptations françaises du répertoire américain en s'accompagnant à la guitare.
"A l'Orée du Bois" il est renvoyé dès le troisième soir. Il cherche à se produire dans divers clubs mais partout on le refuse ou on le remercie. Il joue avec ses amis Jacques Dutronc et Eddy Mitchell dans le square de la Trinité à Paris. Il obtient ses premiers succès en chantant pour les G.I.'s dans les bases américaines.
Le 30 décembre 1959, Johnny participe à une émission diffusée à la radio. Il chante "Viens faire une partie", les auteurs-compositeurs Jil et Jan, enthousiasmés par sa prestation, le présentent à Jacques Wolfsohn de la maison de disque Vogue.
Le 16 janvier 1960, Johnny, encore et pour peu de temps "Halliday", "signe" un contrat avec Vogue. Le contrat en exclusivité est établi pour une durée d'un an et stipule que le chanteur perçoit "4% sur le prix de gros disques vendus".
Après le succès de la chanson "Souvenirs souvenirs", en juin 1960, les termes du contrat sont revus à la hausse, il touche désormais 5% sur la vente des disques et sa durée est portée à six ans. Dans les deux cas, le chanteur étant mineur (=En France la majorité est fixée à 18 ans depuis 1974. Depuis 1907, la majorité était fixée à 21 ans), sa tante Hélène Mar signe pour lui.
Mais celle-ci n'étant pas sa tutrice légale, les contrats n'ont pas de valeur légale. Ce qui ne sera pas sans conséquence pour la maison de disques au moment la rupture du contrat en 1961, quand l'affaire sera portée en justice.
Son premier super 45 tours sort le 14 mars 1960. Sur la pochette son nom est orthographié par erreur avec deux " y ", graphie qui sera définitivement adoptée.
"T'aimer follement" (titre également chanté par Dalida à la même période) est la chanson promue. L'accueil des radios est très défavorable, voire franchement hostile.
Johnny provoque un choc des générations et seule l'émission radio sur Europe n°1, fait figure d'exception. Le chanteur est largement soutenu par les présentateurs de l'émission.
En avril 1960, il obtient son premier contrat professionnel de 500 nouveaux francs.
Le 18 avril il fait sa première télévision dans "L"école des vedettes", il est parrainé par Line Renaud. Il chante "Laisse les filles" en jouant de la guitare tout en se roulant par terre, ce qui dope les ventes du disque qui, de trente mille exemplaires déjà atteints, passent à quelques jours à cent mille exemplaires.
Line Renaud présente Johnny comme un chanteur d'origine franco-américaine; déjà au verso de la pochette, un encadré l'annonce comme étant "Américain, de culture française. Une biographie américaine inventée par la maison de disques, dans laquelle Lee Halliday, véritable Américain né en Oklahoma, n'est plus son cousin par alliance, mais son grand frère. En juillet 1960, sur les conseils de Charles Aznavour, Johnny rétablit la vérité sur ce demi-mensonge.
"Souvenirs, souvenirs" sort en juin 1960 et offre au chanteur son premier grand succès. Son impresario lui décroche de nombreux galas (=spectacles). Johnny est engagé en première partie de Sacha Distel. Au cours de la tournée, on assiste aux premiers mouvements de foule et ses prestations sont marquées par de nombreuses mini-émeutes, émaillées de multiples dégradations par ses admirateurs. La presse, unanimement hostile, parle d'hystérie collective pour dépeindre l'ambiance de ses galas.
En septembre 1960, durant trois semaines, à l'Alhambra, Johnny est programmé en vedette américaine de Raymond Devos. Son jeu de scène divise une fois de plus le public. Si les plus jeunes sont enthousiastes et le lui font savoir avec véhémence, les aînés indignés le huent. Le tollé est tel que la direction veut supprimer Johnny du programme. Raymond Devos s'y oppose et Hallyday va jusqu'au bout de son engagement.
Autour de Johnny Hallyday, le 24 février 1961, est organisé le premier festival international du rock au Palais des sports de Paris dans une ambiance survoltée et explosive où bagarres et arrestations sont nombreuses. L'évènement lance véritablement le rock en France.
A cette époque le marché du disque est dominé par les vinyles 25 cm et les super 45 tours et la publication d'un 33 tours 30 cm témoigne la notoriété d'un artiste et de sa reconnaissance. Ainsi Johnny Hallyday voit confirmé son récent statut de vedette avec la sortie de son premier album "Nous les gars, nous les filles".
Pour autant un profond désaccord oppose Vogue au chanteur. Johnny n'est plus seul en France sur le marché du rock et la concurrence est rude, notamment avec Eddy Mitchell et son groupe Les chaussettes noires. Aussi demande-t'il davantage de musiciens et des arrangements plus sophistiqués, avec saxophones et claviers. La réponse est : "Tu fermes ta gueule et tu chantes", à quoi il réplique : "Je ne vois pas comment je peux chanter en fermant ma gueule" et part pour ne plus revenir.
* Johnny Hallyday, âgé de 18 ans, professionnel depuis à peine plus d'un an, a déjà enregistré 36 chansons et vendu un total de 1 673 000 disques.*
Sur fond de procès avec Vogue, il signe chez Philips le 19 juillet 1961. Johnny Stark devient son nouvel impressario tandis que Vogue sort le 31 juillet 1961, un troisième et dernier 33 tours 25 cm.
Alors que de nombreux incidents parsèment toujours ses apparitions et que plusieurs villes lui ferment leurs portes, Johnny enregistre à Londres aux studios Fontana. Son premier disque "Viens danser le twist" est réalisé par Lee Hallyday (qui a signé avec Philips un contrat le même jour que son cousin comme directeur artistique __ il réalisera la quasi-totalité des enregistrements de Johnny Hallyday jusqu'en 1975 __). Le disque sort le 20 septembre 1961, le jour même où le chanteur débute à l'Olympia de Paris, où il se produit jusqu'au 9 octobre 1961. Il est le premier artiste de sa génération à se produire en vedette dans la salle de Bruno Coquatrix d'où il lance le twist en France.
A Noël 1961, sort l'album "Salut les copains", titre qui se veut un clin d'oeil reconnaissant à la célèbre émission radio. La chanson "Retiens la nuit" s'impose particulièrement et marque sa carrière. Elle fait date et lui vaut un regard des critiques plus clément.
Son jeu de scène et les débordements que provoquent ses apparitions publiques sont toujours dénoncés, mais on souligne aussi, à présent, ses qualités vocales et son talent d'interprète.
En avril 1962, Johnny reçoit son premier disque d'or pour "Let's twist again" avant de retourner aux Etats-Unis pour de nouveaux enregistrements et une tournée de promotion, durant laquelle il se produit dans plusieurs campus universitaire et participe à plusieurs émissions radiophoniques et télévisées, dont le "Ed Sullivan show" en juillet 1962.
Les succès s'enchaînent : "Laissez-nous twister", "Pas cette chanson", "Elle est terrible" et surtout "L'idole des jeunes". L'idole des jeunes une appellation, qui désormais, va durablement lui coller à la peau".
Johnny investit l'Olympia de Paris du 25 octobre au 12 novembre 1962, où (après le twist), il lance le mashed potato.
Ce second Olympia est un succès public et les critiques soulignent d'évidentes qualités scéniques.
Début 1963, il chante à Londres puis au Liban. Arrivé à Beyrouth, on lui annonce que sa venue crée des troubles politiques et que les représentations sont annulées, Indésirable, Johny rentre en France, où l'incident fait débat à l'Assemblée nationale.
Pour le premier anniversaire du magazine "Salut les copains", Europe n°1 organise le 22 juin 1963, un concert gratuit réunissant notamment Sylvie Vartan, Richard Anthony, les Chats sauvages et Johnny Hallyday. La manifestation rassemble entre cent cinquante mille et deux cent mille jeunes. Le retentissement est considérable et, si le concert lui-même se déroule sans incidents, des heurts ont lieu en périphérie entre bandes rivales. Le lendemain dans la presse, le concert passe au second plan, on ne retient que les dégradations et les interpellations de blousons noirs par la police.
"Da dou ron ron" sort le 29 juin 1963. C'est un succès pour Johnny. La chanson reste huit semaines n°1 dans les hit-parades (=premiers classements officiels des meilleures ventes de disques en France). La tournée d'été, toujours mouvementée, crée une nouvelle polémique après son passage à Trouville-sur-Mer, où en ce 14 juillet, il interprête "La Marseillaise"; ce qui lui vaut les foudres des anciens combattants, qui l'accusent de l'avoir chantée en rock.
Il donne encore quelques spectacles en province avant d'être incorporé le 8 mai 1964 au service militaire (le chanteur a bénéficié d'un report d'une année afin d'honorer tous ses engagements). "Johnny reviens ! les rocks les plus terribles" sort début juillet 1964, il a été enregistré avant son départ sous les drapeaux. L'opus entièrement rock'n'roll, propose des adaptations de standards américains.
L'armée profite du passage dans ses rangs pour quinze mois de la célèbre recrue pour tourner des petits films de propagande à l'attention de la jeunesse, ainsi que quelques émissions de variétés réalisées en direct de la caserne.
sous condition qu'il pose en tenue militaire sur les pochette, Johnny obtient l'autorisation de poursuivre ses enregistrements. C'est durant cette période qu'il grave l'un de ses plus grands succès : "Le penitentier".
Le soldat Smet obtient une permission spéciale afin de pouvoir épouser Sylvie Vartan.
💑 Le couple se marie le 12 avril 1965 à Loconville (France); il souhaitaient une cérémonie intime, mais envahit par le public et la presse, l'évènement provoque une émeute.
Le 28 août 1965, Johnny Hallyday est liberé du service militaire et ce jour-là, il donne en matinée à Strasbourg, un gala d' "adieu aux copains de l'armée". Le chanteur se produit jusqu'au 6 septembre à travers la France, mais aussi en Belgique et en Suisse où le 18 août à Genève, sa venue provoque une telle émeute, qu'il lui est interdit de s'y produire durant plusieurs années pour trouble à l'ordre public.
En novembre 1965, sort son second album "Johnny chante Hallyday" qu'il a entièrement composé. Le chanteur se produit à partir du 25 octobre à l'Olympia jusqu'au 26 décembre. Musicalement, Hallyday évolue vers le rhythm'n'blues, son tour de chant est entièrement renouvelé et les anciennes chansons sont expédiées en medley qui ouvre le récital. Seule la chanson "Le pénitentier", parmi les anciens succès, est présente et le public, quelque peu dérouté, ne retrouve pas le "copain teenager". Son retour laisse une impression mitigée.
En ce début d'année 1966, plus rien ne semble aller pour Johnny : ses ventes de disques connaissent une forte baisse. Il multiplie les galas, il ne joue pas toujours à guichet fermé. En cette période difficile, Johnny se produit dans plusieurs pays étrangers notamment en Europe de l'Est.
Arrive alors un nouveau chanteur nommé Antoine qui connaît un succès fulgurant avec le titre "Les élucubrations" où au détour d'un couplet, il propose d'enfermer "Johnny Hallyday en cage à Medrano" (= Medrano était un cirque à Paris, 1897-1963). Peu après, Hallyday réplique avec "Cheveux longs et idées courtes" qui connaît un succès égal.
Jean-Marie Périer, célèbre photographe de la période "yéyé" fait poser Johnny à une place particulière sur ce qu'on appellera "La photo du siècle. Cette photo prise le 12 avril 1966 réunit 46 vedettes françaises de cette période "Yéyé".
En août 1966, Johnny enregistre un nouvel album à Londres, Il fait la connaissance de Noel Redding (bassiste) et de Jimi Hendrix (guitariste et chanteur), musiciens du groupe The Jimi Hendrix Experience, qu'il contribue à faire connaître en les engageant dans sa tournée.
Si professionnellement cela va mieux, il n'en est pas de même dans sa vie privée.
Son fils David naît le 14 août 1966 alors qu'il chante à Milan en Italie. Johnny se rend auprès de Sylvie Vartan et de David le lendemain pour quelques heures avant de s'envoler pour Venise où il se produit le soir même.
La presse se fait l'écho d'une séparation imminente alors que le fisc lui réclame un lourd arriéré d'impôts.
Le 10 septembre 1966, Johnny doit chanter à la fête de l'Humanité; épuisé par le rythme des galas et profondément déprimé, à quelques heures de la représentation, il tente de se suicider, puis est hospitalisé d'urgence.
C'est dans ce contexte que Philips sort "Noir c'est noir", qui devient son plus grand succès depuis "Le pénitencier".
Après quelques semaines de convalescence, à l'occasion d'un Musicorama (=spectacle musical présenté le plus souvent à l'Olympia de Paris entre 1957 et 1975, organisé et diffusé par Europe 1, il accueille les grands noms de la chanson française et de nombreux représentants des variétés internationales), Johnny chante à l'Olympia le 18 octobre 1966. C'est un Johnny nouveau qui apparaît, son récital, sur des sonorités pop et rhythm'n'blues est totalement inédit, son jeu de scène est renouvelé, son chant aussi. Désormais Hallyday "donne de la voix" et à force de débauches d'énergies, il emporte l'adhésion. Cette représentation à l'Olympia relance totalement sa carrière.
L'album "La génération perdue" sort le 19 octobre 1966, il regorge de hits et de titres pour la scène. Ce disque demeure l'un des plus important de sa production. L'année s'achève sur un autre grand succès : "Si j'étais un charpentier".
Enregistrée à Londres en décembre 1966, avec la participation de Jimi Hendrix, l'adaptation de "Hey Joe" est un nouveau tube au printemps 1967.
La séparation entre Sylvie et Johnny n'est plus d'actualité et le couple se produit à l'Olympia du 15 mars au 16 avril 1967. Fort de ce succès, le couple entame une tournée sud américaine de plusieurs semaines.
A l'automne 1967, le rockeur cède à la mode hippie avec l'adaptation française de San Francisco.
Europe n°1 lui consacre un Musicorama exceptionnel organisé au Palais des sports de Paris. 400 projecteurs et 800 phares de voitures dressés tel un mur au fond de la scène servent de décors. Pour la première fois il utilise des écrans sur lesquels sont projetés une multitude d'images disparates. Le récital très contrasté alterne séquences peace and love et rock psychédélique violents. Johnny quitte la scène après un "Lucille" déchaîné et s'effondre au bord de la syncope dans la voiture qui l'emporte.
La presse française et internationale commente largement la prestation d'hallyday qui acquiert véritablement ses galons de bête de scène.
A ce moment de sa carrière, un constat s'impose : Depuis deux ans, Johnny Hallyday est de toutes les influences musicales de l'époque, il n'a plus enregistré de rock'n'roll depuis 1965 bien qu'il ait repris le classique de Little Richard "Lucille". Il faudra attendre 1968 pour que Johnny y revienne furtivement.
En cette période soixante-huitard, Johnny s'oriente vers un rock plus dur, plus violent plus engagé.
La chanson "Je suis née dans la rue" tirée de l'album "Rivière... ouvre ton lit" (1969) accède au rang de tube et devient un classique de son répertoire.
"Que je t'aime" diffusée en 45 tours, obtient un grand succès et demeure l'une des plus célèbres de Johnny.
Sa tournée bat des records d'affluence et "Que je t'aime" déclenche d'authentiques scènes d'hystérie et nombre d'évanouissements. Le spectacle achevé, l'artiste est très souvent évacué en car de police pour échapper à l'enthousiasme des fans.
Début 1971, l'affiche d'une tournée aux Antilles et au Canada fait scandale : Hallyday y apparaît crucifié sur une guitare. A Pointe-à-Pitre, le spectacle se transforme en émeutes et durant les étapes canadiennes les incidents sont nombreux.
"Oh ma jolie Sarah" connaît un succès fulgurant et s'inscrit parmi les plus gros succès de la décennie.
L'année 1972 voit un Johnny plus intime. Son chant devient moins agressif, sa musique moins dure et délaissant les rocks violents, il s'oriente vers un rock plus mélodieux mais non moins fougueux.
Début 1973, "La musique que j'aime" s'impose au public et devient l'un de ses grands classiques.
A la suite d'ennuis avec le fisc, qui lui réclame plusieurs centaines de millions de francs d'arriérés, Johnny fait part de son désir de tout arrêter et il s'installe aux Etats-Unis avec Sylvie et David.
Mais l'envie de chanter et le démon de la scène reprennent vite le dessus et à l'automne, il enregistre deux albums et annonce sa rentrée au Palais des sports de Paris en septembre 1976.
Ce retour est marqué par de nombreux changements artistiques, les chansons de variétés sont plus nombreuses : la popularité du chanteur se renforce, les nouveaux succès renouent avec les anciens des premières années.
Sorti en février 1976 "Requiem pour un fou" se classe au sommet des hit-parades en deux jours et devient très vite disque d'or.
Johnny obtient un second hit avec la chanson "Derrière l'amour". Le disque qui porte le même nom alterne entre rock et variété. Il obtient un grand succès et devient la meilleure vente de la décennie de l'artiste. A l'automne, "Gabrielle" (unique titre rock du chanteur à accéder, en cette période, au rang de tube) devient un nouveau numéro 1.
Du 28 septembre au 31 octobre 1976, Johnny se produit au Palais des sports de Paris. A la scène les changements sont notoires, son tour de chant conserve la fougue dont est coutumier le chanteur, il est aussi nettement moins agressif que les précédents shows parisiens de 1971 et 1669. La mise en scène gagne en standing ce qu'elle perd en violence.
Hamlet est le premier double album du chanteur et l'un des tout premiers opéra-rock en France. Il sort en novembre 1976 sans aucune promotion et ne trouve pas son public. C'est un échec commercial et l'idée de le monter sur scène est abandonnée.
En cette période, les disques se succèdent. La réussite de "Derrière l'amour" fait florès et les albums à venir s'inspirent du même concept.
En 1977, sort l'album "C'est la vie". Le titre phare "J"ai oublié de vivre" est l'unique tube d'un disque qui obtient pourtant les faveurs du public.
En 1978, sort l'album "Solitudes à deux" sur lequel se trouve "Elle m'oublie". Cette chanson obtient un grand succès, comptant parmi les plus importants de la décennie et remporte un grand prix à Cannes.
En cette année 1978, Antoine avec "Les élucubrations revisited" donne une suite à son succès de 1966 et à nouveau interpelle Johnny Hallyday qui, cette fois, ne répond pas.
En 1980, Il se distingue par la reprise de "La poupée qui fait non" de Michel Polnareff et par la création de "Je ne suis pas un héros", chanson écrite par Daniel Balavoine pour Johnny Hallyday.
💔 Sylvie Vartan et Johnny divorce officiellement le 5 novembre 1980.
Depuis "Ma gueule", Johnny ne connaît plus de grand "tube" et malgré un répertoire largement renouvelé, il manque de titres marquants.
Sorti au début de l'année 1982, l'album "Quelque part un aigle" fait fi des contraintes musicales. L'album s'essaye à de nouveau thèmes, explore d'autres pistes musicales et déroute quelque peu le public.
💑 Johnny Hallyday entame une relation avec Nathalie Baye au printemps 1982. En novembre 1983 naît Laura.
Depuis la sortie de l'album "Rock'n'roll attitude" sorti en juin 1985, Johnny Hallyday est reparti très fort : il n'a jamais vendu autant de disques.
L'année 1985 voit l'arrivée du Top50, qui mesure l'impact d'un artiste à la hauteur de ses ventes (et non plus de ses classements dans les hit-parades). Ceux à venir du chanteur établissent que, de tous les artistes issus des années 1960, Johnny Hallyday résiste aux temps et aux modes et est quasiment le seul, côté ventes, à faire jeu égal avec les nouveaux venus.
Depuis 1961, le chanteur est tenu par contrat de fournir chaque année "un nombre assez important d'albums et de 45 tours".
Le nouveau patron de Philips Alain Lévy, pense que ses enregistrements devraient être moins nombreux afin de lui permettre de les peaufiner davantage.
Alain Lévy fait appel à des auteurs et compositeurs de renom chargés d'écrire du sur mesure pour Johnny et lui permettre d'amorcer ce nouveau changement.
Au printemps 1985, Johnny enregistre l'album "Rock'n'roll attitude" écrit, composé et réalisé par Michel Berger. Le disque obtient un grand succès public et critique. De nombreux titres sont des hits et deviennent des standards de son répertoire, notamment "Quelque chose de Tennessee", qui s'impose comme l'un de ses plus grands succès. L'album fait date dans la carrière de l'artiste, il renouvelle son public désormais élargi, son image en est profondément modifiée.
Cette année 1985 voit aussi la naissance des Victoires de la musique où l'album "Rock'n'Roll Attitude écrit par Berger est plusieurs fois nommé mais ne remporte aucune Victoire.
💔 En 1986, Johnny Hallyday et Nathalie Baye se séparent.
C'est aussi la première année d'une carrière où Johnny ne se produit pas sur scène. A l'automne, il enregistre "Gang", un album écrit et réalisé par Jean-Jacques Goldman. L'album sort le 6 décembre 1986 et est certifié disque de platine en deux semaines. L'opus regorge de tube en devenir, plus encore que le précédent : "J'oublierai ton nom", "Je te promets" (dont le succès flirte avec les sommets atteints par "Que je t'aime", "Laura" (premier titre du chanteur à être diffusé en CD single), qui bat des records au Top50, où il reste classé six mois.
Il chante au palais omnisport de Paris-Bercy du 15 septembre au 4 octobre 1987.
En 1990, devant plus de 250 000 spectateurs, Johnny présente son nouveau spectacle intitulé "Dans la chaleur de Bercy". Il reprend "Honky tonk women" des Rolling stones, "Diego libre dans sa tête" de Michel Berger et pour la première fois inscrit à son répertoire "Je ne suis pas un héros".
Par deux fois au cours de l'année, Johnny est censuré : en janvier, le clip "Les vautours" considéré trop violent, et interdit à la télévision. Durant l'automne, son single "Je ne suis pas un héros" est interdit pour cause de guerre du golfe, certains y voyant une provocation.
(source : Wikipedia)
👧 Lorsque j'étais en classe de 5e au collège en 1990, la professeure de musique m'avait demandé de faire un exposé sur un musicien de mon choix. Je ne sais plus qui de mes parents m'a suggéré Johnny Hallyday. J'ai écris ma biographie avec, je pense, un livre que mon père possédait et cette fois j'ai mis les chansons dont je parlais dans mes feuilles. J'ai eu 15/20, ce n'était pas la même note que j'avais eu avec Elvis Presley mais j'étais contente quand même (de toute façon avoir plus de 12/20 c'est bien).
Mon père aimait beaucoup Johnny, qui était de sa génération. Il "a grandit" avec lui (en 1960, mon père avait 12-13 ans).
Dans les années 1980, on écoutait ensemble les chansons de Johnny et moi je dansais comme une folle sur le tapis en laine du Maroc.
La chanson "Quelque chose de Tennessee" a marqué mon esprit.
(PS : Quand j'ai réalisé ce portrait nous étions en 1990, il avait 30 ans de carrière derrière lui et 27 ans de carrière devant lui.
Et pour mon portrait actuel je m'arrête en 1991 car je n'aime pas ses chansons ensuite. Bon... ok...j'en ai rajouté 2 😁)
1960
T'aimer follement Laisse les filles Je cherche une fille
Depuis qu'ma môme Souvenirs, souvenirs
1961
Il faut saisir sa chance Viens danser le twist Douce violence
Tu peux la prendre Avec une poignée de terre
Toi qui regrettes Sentimental 24 000 baisers
Une boum chez John Kili watch Oui mon cher
Nous les gars, nous les filles
1962
Elle est terrible C'est le mashed potatoes Sam'di soir
L'idole des jeunes Laissez-nous twister Retiens la nuit
Dans un jardin d'amour Pas cette chanson
Serre la main d'un fou Hey ! baby Madison twist
1963
Les bras en croix
1964
Le penitentier Excuse-moi partenaire Lucille
1966
Je veux te graver dans ma vie Cheveux longs et idées courtes
Noir c'est noir La génération perdue Si j'étais un charpentier
1967
Les coups San Francisco Hey Joe
1969
Que je t'aime Je suis né dans la rue
1970
Poème sur la 7e
1971
Oh ma jolie Sarah
1973
La musique que j'aime
1975
Dégage 37e étage
1976
Hamlet [Prologue] Gabrielle Requiem pour un fou
Joue pas de rock'n'roll pour moi Derrière l'amour
1977
J'ai oublié de vivre
1978
Elle m'oublie
1979
Ma gueule La terre promise Le bon temps du rock'n'roll
1980
Je ne suis pas un héros
1982
Décalage horaire Montpellier Mon Amérique à moi
Mercredi matin On va vous en donner du rock
Sage pour vous La caisse
1985
Le chanteur abandonné Rock'n'roll attitude
Quelque chose de Tennessee
1986
Laura Je te promets J'oublierai ton nom
Je t'attends L'envie
1989
Cadillac Possible en moto Mirador Les vautours
1990
Diego libre dans sa tete
1991
Ca ne change pas un homme
1999
Sang pour sang
2017
J'en parlerai au diable


