Bonjour, en 2006, j'ai eu l'idée de faire un site web avec les chansons et musiques que j'écoute depuis mon enfance. J'avais réussi à le construire (aujourd'hui supprimé). A un moment je me suis dis que j'allais étendre mes goûts à la musique que nous écoutons tous (ou presque). Alors voilà, je vous laisse apprécié ou pas mon travail.
Je mettrai les reprises sur un autre blog mais plus tard. Je m'occupe d'abord des musiciens que j'ai sélectionné. Parce que ce sont des chansons qui méritent leur blog.
Je remercie Yvon, Martine, Colette, Catherine, Frédéric, Michel, Olivier, Marie-Christine, Aimée, Pierre, Ludovic, la radio Nostalgie, le top50, les Victoires de la musique et les autres que j'ai sûrement oublié, grâce à qui j'ai pu faire cette immense discothèque.

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💜 464 - Hallyday Johnny

 

👨 [ 464 ]  Hallyday Johnny  (15 juin 1943-5 décembre 2017, 74 ans) est un chanteur et auteur-compositeur-interprète français {France} dont la carrière a été active de 1960 à 2017.

🎶 Ballade - Blues - Chanson française - Country - Folk - Hard rock - Pop - Rhythm'n'Blues - Rock - Twist.

Johnny a reçu plusieurs surnoms durant sa carrière : l'idole des jeunes - le taulier - le patron - le boss.

"Johnny" est le fils d'Huguette Clerc (1920-2007) et de Léon Smet (1908-1989).

Huguette a une formation de coiffeuse mais elle a dû renoncé à ce métier pour des raisons de santé. En 1939, elle travaille dans une crèmerie à Montmartre (Paris).
Elle rencontre Léon Smet vraisemblablement en 1941. Léon est l'époux en secondes noces de Jacqueline Harpet qui vient de le quitter pour Alain Trutat (1922-2006) (=qui fut le confondateur de France Culture).
En 1942, Huguette et Léon s'installent ensemble. Huguette est enceinte.
Le 15 juin 1943, elle accouche d'un garçon qu'elle prénomme Jean-Philippe Léo (Jean en hommage à sa mère, Philippe prénom qu'elle trouve beau et Léo pour faire plaisir à Léon).
L'enfant porte le nom de sa mère, car son père étant marié à une autre, la loi belge en vigueur à l'époque, n'autorise pas ses ressortissants à reconnaître un enfant adultérin.
L'idylle du couple ne dure pas et un soir de février 1944, Huguette rentre chez elle, trouve son appartement vide et son fils allongé sur le plancher avec une simple couverture. 
Léon est parti dans la journée avec une autre, en emportant mobilier et berceau, qu'il revend pour débuter une nouvelle vie.
Le 7 septembre 1944, Léon, récemment divorcé, réapparait le temps de signer un contrat de mariage avec Huguette. Elle ne souhaite pas que leur enfant demeure "né de père inconnu", alors le 10 septembre 1944, Jean-Philippe Smet est baptisé. Il a pour parrain Alain Trutat et comme marraines ses deux cousines Desta (1924-2011) et Menem Mar (1925-1980).
Léon repart peu après le baptème. 

Après la naissance de Jean-Philippe, Huguette Clerc reprend une activité professionnelle. Elle est employée comme mannequin de cabine pour des couturiers : Rochas, Lanvin, Fath, Dior, ect...
Son métier lui laisse peu de temps, elle confie son fils à Hélène Mar (1888-1972) qui devient pour l'enfant une figure maternelle de substitution, aidée de ses filles Desta et Menem.

Le 28 mars 1945, l'époux d'Hélène, Jacob Mar est arrêté pour faits de collaboration car il a été présentateur à Radio-Paris, la radio de propagande nazie. Ce qui compromet la carrière de première danseuse étoile de ses filles. Il est condamné à cinq ans de prison en 1946, bien qu'il ait été dégagé de l'accusation d' "intelligence avec l'ennemi". il obtient une grâce et recouvre la liberté le 10 juillet 1948.
Après 1945, dans une France marquée par la guerre et avec un père absent, Jean-Philippe est traité de "fils de Boche", de "bâtard" et de "fils de divorcé", stigmates sociaux que la légende de Johnny va (plus tard) récupérer pour les convertir en signes positifs.

A 3 ans, Jean-Philippe entame une vie d'enfant de la balle, au gré du travail de danseuses classiques de ses cousines. Fin 1946, Hélène, ses filles et son neveu s'installent à Londres pour deux ans. En 1949, Desta rencontre Lee Lemoine Ketcham, un danseur américain connu sous le nom de scène de Lee Halliday. En couple à la ville, ils forment avec Menem le trio "Desta, Menem and Lee", qui se produit à travers l'Europe durant trois ans. Lorsque Menem les quitte, Desta et Lee forment le tandem "Les Halliday's" et se produisent durant six années encore sur diverses scènes européennes. Hélène s'occupe de l'intendance, des costumes et de la formation scolaire et artistique de son neveu.

A ses débuts Johnny Hallyday sera parfois moqué par la presse de n'avoir pas fréquenté assidument l'école, ce qui exaspérait Lee Halliday : Jean-Philippe était bilingue à six ans, il parlait anglais et chantait en trois langues et lisait de la musique à dix ans mais de ça on ne parle pas.
Lee Halliday est aux yeux de Jean-Philippe une incarnation du "rêve américain", il devient son père de coeur. Lee surnomme l'enfant "Johnny".
Inscrit à l'école des enfants du spectacle, Jean-Philippe suit des cours par correspondance et apprend la danse classique. A Paris, il suit des cours de théâtre.
"Johnny" apprend le violon, instrument qu'il déteste et finit par échanger, au grand dam de ses aînés, contre une guitare.
Dés l'âge de 9 ans, il occupe la scène pendant les changements de costume de Desta et Lee, en chantant des chants traditionnels français ou américains. Il monte officiellement sur scène pour la première fois le 13 juin 1956 en première partie du spectacle des Halliday's à Copenhague où il chante "La ballade de Davy Crockett" habillé en cow-boy.

Jean-Philippe obtient divers petits rôles : il est figurant dans "Les diaboliques", tourne une réclame (=publicité) pour une marque de vêtements, participe à l'émission "Martin et Martine" (1953-1957) où il chante "Dans les plaines du Far-West".
A 14 ans, en voyant au cinéma le film "Amour frénétique", il découvre Elvis Presley et le rock'n'roll. C'est une révélation et, convaincu d'avoir trouvé sa voie, il décide de devenir rockeur.

Johnny commence sa carrière avec le soutien de ses proches, notamment de son cousin Lee Halliday, son premier mentor, son pygmalion et agent artistique qui le produit.
Convaincu que le rock'n'roll peut s'imposer en France, Lee Halliday fait envoyer d'Amérique, par sa famille, des disques de rock qui permette à Johnny de faire son apprentissage.

Claude Moine (Eddy Mitchell) a 16 ans lorsqu'il rencontre Johnny qui en a 15 pour la première fois. Il se souvient : "Johnny avait beaucoup de disques américains qu'on ne pouvait pas acheter en Europe, ce qui me permettait d'écouter tout ce que je ne pouvais pas écouter autrement, si bien qu'on passait souvent des après-midi et des soirées à écouter Presley, Bill Haley et des tas d'autres trucs qui n'étaient pas encore disponibles chez nous".

A partir de 1958, Johnny fréquente le Golf Drouot qui deviendra le temple du rock français. Il y retrouve d'autres confrères et concurrents : Long Chris, Dany Logan, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. Johnny chante des reprises et des adaptations françaises du répertoire américain en s'accompagnant à la guitare. 
"A l'Orée du Bois" il est renvoyé dès le troisième soir. Il cherche à se produire dans divers clubs mais partout on le refuse ou on le remercie. Il joue avec ses amis Jacques Dutronc et Eddy Mitchell dans le square de la Trinité à Paris. Il obtient ses premiers succès en chantant pour les G.I.'s dans les bases américaines.

Le 30 décembre 1959, Johnny participe à une émission diffusée à la radio. Il chante "Viens faire une partie", les auteurs-compositeurs Jil et Jan, enthousiasmés par sa prestation, le présentent à Jacques Wolfsohn de la maison de disque Vogue.

Le 16 janvier 1960, Johnny, encore et pour peu de temps "Halliday", "signe" un contrat avec Vogue. Le contrat en exclusivité est établi pour une durée d'un an et stipule que le chanteur perçoit "4% sur le prix de gros disques vendus".
Après le succès de la chanson "Souvenirs souvenirs", en juin 1960, les termes du contrat sont revus à la hausse, il touche désormais 5% sur la vente des disques et sa durée est portée à six ans. Dans les deux cas, le chanteur étant mineur (=En France la majorité est fixée à 18 ans depuis 1974. Depuis 1907, la majorité était fixée à 21 ans), sa tante Hélène Mar signe pour lui.
Mais celle-ci n'étant pas sa tutrice légale, les contrats n'ont pas de valeur légale. Ce qui ne sera pas sans conséquence pour la maison de disques au moment la rupture du contrat en 1961, quand l'affaire sera portée en justice.

Son premier super 45 tours sort le 14 mars 1960. Sur la pochette son nom est orthographié par erreur avec deux " y ", graphie qui sera définitivement adoptée.
"T'aimer follement" (titre également chanté par Dalida à la même période) est la chanson promue. L'accueil des radios est très défavorable, voire franchement hostile.
Johnny provoque un choc des générations et seule l'émission radio sur Europe n°1, fait figure d'exception. Le chanteur est largement soutenu par les présentateurs de l'émission.
En avril 1960, il obtient son premier contrat professionnel de 500 nouveaux francs.
Le 18 avril il fait sa première télévision dans "L"école des vedettes", il est parrainé par Line Renaud. Il chante "Laisse les filles" en jouant de la guitare tout en se roulant par terre, ce qui dope les ventes du disque qui, de trente mille exemplaires déjà atteints, passent à quelques jours à cent mille exemplaires.
Line Renaud présente Johnny comme un chanteur d'origine franco-américaine; déjà au verso de la pochette, un encadré l'annonce comme étant "Américain, de culture française. Une biographie américaine inventée par la maison de disques, dans laquelle Lee Halliday, véritable Américain né en Oklahoma, n'est plus son cousin par alliance, mais son grand frère. En juillet 1960, sur les conseils de Charles Aznavour, Johnny rétablit la vérité sur ce demi-mensonge.
"Souvenirs, souvenirs" sort en juin 1960 et offre au chanteur son premier grand succès. Son impresario lui décroche de nombreux galas (=spectacles). Johnny est engagé en première partie de Sacha Distel. Au cours de la tournée, on assiste aux premiers mouvements de foule et ses prestations sont marquées par de nombreuses mini-émeutes, émaillées de multiples dégradations par ses admirateurs. La presse, unanimement hostile, parle d'hystérie collective pour dépeindre l'ambiance de ses galas.
En septembre 1960, durant trois semaines, à l'Alhambra, Johnny est programmé en vedette américaine de Raymond Devos. Son jeu de scène divise une fois de plus le public. Si les plus jeunes sont enthousiastes et le lui font savoir avec véhémence, les aînés indignés le huent. Le tollé est tel que la direction veut supprimer Johnny du programme. Raymond Devos s'y oppose et Hallyday va jusqu'au bout de son engagement.

Autour de Johnny Hallyday, le 24 février 1961, est organisé le premier festival international du rock au Palais des sports de Paris dans une ambiance survoltée et explosive où bagarres et arrestations sont nombreuses. L'évènement lance véritablement le rock en France.
A cette époque le marché du disque est dominé par les vinyles 25 cm et les super 45 tours et la publication d'un 33 tours 30 cm témoigne la notoriété d'un artiste et de sa reconnaissance. Ainsi Johnny Hallyday voit confirmé son récent statut de vedette avec la sortie de son premier album "Nous les gars, nous les filles".

Pour autant un profond désaccord oppose Vogue au chanteur. Johnny n'est plus seul en France sur le marché du rock et la concurrence est rude, notamment avec Eddy Mitchell et son groupe Les chaussettes noires. Aussi demande-t'il davantage de musiciens et des arrangements plus sophistiqués, avec saxophones et claviers. La réponse est : "Tu fermes ta gueule et tu chantes", à quoi il réplique : "Je ne vois pas comment je peux chanter en fermant ma gueule" et part pour ne plus revenir.

* Johnny Hallyday, âgé de 18 ans, professionnel depuis à peine plus d'un an, a déjà enregistré 36 chansons et vendu un total de 1 673 000 disques.*

Sur fond de procès avec Vogue, il signe chez Philips le 19 juillet 1961. Johnny Stark devient son nouvel impressario tandis que Vogue sort le 31 juillet 1961, un troisième et dernier 33 tours 25 cm.

Alors que de nombreux incidents parsèment toujours ses apparitions et que plusieurs villes lui ferment leurs portes, Johnny enregistre à Londres aux studios Fontana. Son premier disque "Viens danser le twist" est réalisé par Lee Hallyday (qui a signé avec Philips un contrat le même jour que son cousin comme directeur artistique __ il réalisera la quasi-totalité des enregistrements de Johnny Hallyday jusqu'en 1975 __). Le disque sort le 20 septembre 1961, le jour même où le chanteur débute à l'Olympia de Paris, où il se produit jusqu'au 9 octobre 1961. Il est le premier artiste de sa génération à se produire en vedette dans la salle de Bruno Coquatrix d'où il lance le twist en France.
A Noël 1961, sort l'album "Salut les copains", titre qui se veut un clin d'oeil reconnaissant à la célèbre émission radio. La chanson "Retiens la nuit" s'impose particulièrement et marque sa carrière. Elle fait date et lui vaut un regard des critiques plus clément.
Son jeu de scène et les débordements que provoquent ses apparitions publiques sont toujours dénoncés, mais on souligne aussi, à présent, ses qualités vocales et son talent d'interprète.

En avril 1962, Johnny reçoit son premier disque d'or pour "Let's twist again" avant de retourner aux Etats-Unis pour de nouveaux enregistrements et une tournée de promotion, durant laquelle il se produit dans plusieurs campus universitaire et participe à plusieurs émissions radiophoniques et télévisées, dont le "Ed Sullivan show" en juillet 1962.

Les succès s'enchaînent : "Laissez-nous twister", "Pas cette chanson", "Elle est terrible" et surtout "L'idole des jeunes". L'idole des jeunes une appellation, qui désormais, va durablement lui coller à la peau".
Johnny investit l'Olympia de Paris du 25 octobre au 12 novembre 1962, où (après le twist), il lance le mashed potato.
Ce second Olympia est un succès public et les critiques soulignent d'évidentes qualités scéniques.
Début 1963, il chante à Londres puis au Liban. Arrivé à Beyrouth, on lui annonce que sa venue crée des troubles politiques et que les représentations sont annulées, Indésirable, Johny rentre en France, où l'incident fait débat à l'Assemblée nationale.

Pour le premier anniversaire du magazine "Salut les copains", Europe n°1 organise le 22 juin 1963, un concert gratuit réunissant notamment Sylvie Vartan, Richard Anthony, les Chats sauvages et Johnny Hallyday. La manifestation rassemble entre cent cinquante mille et deux cent mille jeunes. Le retentissement est considérable et, si le concert lui-même se déroule sans incidents, des heurts ont lieu en périphérie entre bandes rivales. Le lendemain dans la presse, le concert passe au second plan, on ne retient que les dégradations et les interpellations de blousons noirs par la police.

"Da dou ron ron" sort le 29 juin 1963. C'est un succès pour Johnny. La chanson reste huit semaines n°1 dans les hit-parades (=premiers classements officiels des meilleures ventes de disques en France). La tournée d'été, toujours mouvementée, crée une nouvelle polémique après son passage à Trouville-sur-Mer, où en ce 14 juillet, il interprête "La Marseillaise"; ce qui lui vaut les foudres des anciens combattants, qui l'accusent de l'avoir chantée en rock.

Il donne encore quelques spectacles en province avant d'être incorporé le 8 mai 1964 au service militaire (le chanteur a bénéficié d'un report d'une année afin d'honorer tous ses engagements). "Johnny reviens ! les rocks les plus terribles" sort début juillet 1964, il a été enregistré avant son départ sous les drapeaux. L'opus entièrement rock'n'roll, propose des adaptations de standards américains.
L'armée profite du passage dans ses rangs pour quinze mois de la célèbre recrue pour tourner des petits films de propagande à l'attention de la jeunesse, ainsi que quelques émissions de variétés réalisées en direct de la caserne. 
sous condition qu'il pose en tenue militaire sur les pochette, Johnny obtient l'autorisation de poursuivre ses enregistrements. C'est durant cette période qu'il grave l'un de ses plus grands succès : "Le penitentier".
Le soldat Smet obtient une permission spéciale afin de pouvoir épouser Sylvie Vartan. 
💑 Le couple se marie le 12 avril 1965 à Loconville (France); il souhaitaient une cérémonie intime, mais envahit par le public et la presse, l'évènement provoque une émeute.
Le 28 août 1965, Johnny Hallyday est liberé du service militaire et ce jour-là, il donne en matinée à Strasbourg, un gala d' "adieu aux copains de l'armée". Le chanteur se produit jusqu'au 6 septembre à travers la France, mais aussi en Belgique et en Suisse où le 18 août à Genève, sa venue provoque une telle émeute, qu'il lui est interdit de s'y produire durant plusieurs années pour trouble à l'ordre public.

En novembre 1965, sort son second album "Johnny chante Hallyday" qu'il a entièrement composé. Le chanteur se produit à partir du 25 octobre à l'Olympia jusqu'au 26 décembre. Musicalement, Hallyday évolue vers le rhythm'n'blues, son tour de chant est entièrement renouvelé et les anciennes chansons sont expédiées en medley qui ouvre le récital. Seule la chanson "Le pénitentier", parmi les anciens succès, est présente et le public, quelque peu dérouté, ne retrouve pas le "copain teenager". Son retour laisse une impression mitigée.

En ce début d'année 1966, plus rien ne semble aller pour Johnny : ses ventes de disques connaissent une forte baisse. Il multiplie les galas, il ne joue pas toujours à guichet fermé. En cette période difficile, Johnny se produit dans plusieurs pays étrangers notamment en Europe de l'Est.

Arrive alors un nouveau chanteur nommé Antoine qui connaît un succès fulgurant avec le titre "Les élucubrations" où au détour d'un couplet, il propose d'enfermer "Johnny Hallyday en cage à Medrano" (= Medrano était un cirque à Paris, 1897-1963). Peu après, Hallyday réplique avec "Cheveux longs et idées courtes" qui connaît un succès égal.

Jean-Marie Périer, célèbre photographe de la période "yéyé" fait poser Johnny à une place particulière sur ce qu'on appellera "La photo du siècle. Cette photo prise le 12 avril 1966 réunit 46 vedettes françaises de cette période "Yéyé".

Johnny Hallyday est le 2e en partant du haut (6e rang)

En août 1966, Johnny enregistre un nouvel album à Londres, Il fait la connaissance de Noel Redding (bassiste) et de Jimi Hendrix (guitariste et chanteur), musiciens du groupe The Jimi Hendrix Experience, qu'il contribue à faire connaître en les engageant dans sa tournée.
Si professionnellement cela va mieux, il n'en est pas de même dans sa vie privée.
Son fils David naît le 14 août 1966 alors qu'il chante à Milan en Italie. Johnny se rend auprès de Sylvie Vartan et de David le lendemain pour quelques heures avant de s'envoler pour Venise où il se produit le soir même.
La presse se fait l'écho d'une séparation imminente alors que le fisc lui réclame un lourd arriéré d'impôts.

Le 10 septembre 1966, Johnny doit chanter à la fête de l'Humanité; épuisé par le rythme des galas et profondément déprimé, à quelques heures de la représentation, il tente de se suicider, puis est hospitalisé d'urgence.
C'est dans ce contexte que Philips sort "Noir c'est noir", qui devient son plus grand succès depuis "Le pénitencier".

Après quelques semaines de convalescence, à l'occasion d'un Musicorama (=spectacle musical présenté le plus souvent à l'Olympia de Paris entre 1957 et 1975, organisé et diffusé par Europe 1, il accueille les grands noms de la chanson française et de nombreux représentants des variétés internationales), Johnny chante à l'Olympia le 18 octobre 1966. C'est un Johnny nouveau qui apparaît, son récital, sur des sonorités pop et rhythm'n'blues est totalement inédit, son jeu de scène est renouvelé, son chant aussi. Désormais Hallyday "donne de la voix" et à force de débauches d'énergies, il emporte l'adhésion. Cette représentation à l'Olympia relance totalement sa carrière.

L'album "La génération perdue" sort le 19 octobre 1966, il regorge de hits et de titres pour la scène. Ce disque demeure l'un des plus important de sa production. L'année s'achève sur un autre grand succès : "Si j'étais un charpentier".
Enregistrée à Londres en décembre 1966, avec la participation de Jimi Hendrix, l'adaptation de "Hey Joe" est un nouveau tube au printemps 1967.

La séparation entre Sylvie et Johnny n'est plus d'actualité et le couple se produit à l'Olympia du 15 mars au 16 avril 1967. Fort de ce succès, le couple entame une tournée sud américaine de plusieurs semaines.

A l'automne 1967, le rockeur cède à la mode hippie avec l'adaptation française de San Francisco.
Europe n°1 lui consacre un Musicorama exceptionnel organisé au Palais des sports de Paris. 400 projecteurs et 800 phares de voitures dressés tel un mur au fond de la scène servent de décors. Pour la première fois il utilise des écrans sur lesquels sont projetés une multitude d'images disparates. Le récital très contrasté alterne séquences peace and love et rock psychédélique violents. Johnny quitte la scène après un "Lucille" déchaîné et s'effondre au bord de la syncope dans la voiture qui l'emporte.
La presse française et internationale commente largement la prestation d'hallyday qui acquiert véritablement ses galons de bête de scène.

A ce moment de sa carrière, un constat s'impose : Depuis deux ans, Johnny Hallyday est de toutes les influences musicales de l'époque, il n'a plus enregistré de rock'n'roll depuis 1965 bien qu'il ait repris le classique de Little Richard "Lucille". Il faudra attendre 1968 pour que Johnny y revienne furtivement.

En cette période soixante-huitard, Johnny s'oriente vers un rock plus dur, plus violent plus engagé. 
La chanson "Je suis née dans la rue" tirée de l'album "Rivière... ouvre ton lit" (1969) accède au rang de tube et devient un classique de son répertoire.
"Que je t'aime" diffusée en 45 tours, obtient un grand succès et demeure l'une des plus célèbres de Johnny. 
Sa tournée bat des records d'affluence et "Que je t'aime" déclenche d'authentiques scènes d'hystérie et nombre d'évanouissements. Le spectacle achevé, l'artiste est très souvent évacué en car de police pour échapper à l'enthousiasme des fans.

Début 1971, l'affiche d'une tournée aux Antilles et au Canada fait scandale : Hallyday y apparaît crucifié sur une guitare. A Pointe-à-Pitre, le spectacle se transforme en émeutes et durant les étapes canadiennes les incidents sont nombreux.
"Oh ma jolie Sarah" connaît un succès fulgurant et s'inscrit parmi les plus gros succès de la décennie.

L'année 1972 voit un Johnny plus intime. Son chant devient moins agressif, sa musique moins dure et délaissant les rocks violents, il s'oriente vers un rock plus mélodieux mais non moins fougueux.

Début 1973, "La musique que j'aime" s'impose au public et devient l'un de ses grands classiques.

A la suite d'ennuis avec le fisc, qui lui réclame plusieurs centaines de millions de francs d'arriérés, Johnny fait part de son désir de tout arrêter et il s'installe aux Etats-Unis avec Sylvie et David.
Mais l'envie de chanter et le démon de la scène reprennent vite le dessus et à l'automne, il enregistre deux albums et annonce sa rentrée au Palais des sports de Paris en septembre 1976.
Ce retour est marqué par de nombreux changements artistiques, les chansons de variétés sont plus nombreuses : la popularité du chanteur se renforce, les nouveaux succès renouent avec les anciens des premières années.
Sorti en février 1976 "Requiem pour un fou" se classe au sommet des hit-parades en deux jours et devient très vite disque d'or.
Johnny obtient un second hit avec la chanson "Derrière l'amour". Le disque qui porte le même nom alterne entre rock et variété. Il obtient un grand succès et devient la meilleure vente de la décennie de l'artiste. A l'automne, "Gabrielle" (unique titre rock du chanteur à accéder, en cette période, au rang de tube) devient un nouveau numéro 1.

Du 28 septembre au 31 octobre 1976, Johnny se produit au Palais des sports de Paris. A la scène les changements sont notoires, son tour de chant conserve la fougue dont est coutumier le chanteur, il est aussi nettement moins agressif que les précédents shows parisiens de 1971 et 1669. La mise en scène gagne en standing ce qu'elle perd en violence. 

Hamlet est le premier double album du chanteur et l'un des tout premiers opéra-rock en France. Il sort en novembre 1976 sans aucune promotion et ne trouve pas son public. C'est un échec commercial et l'idée de le monter sur scène est abandonnée.
En cette période, les disques se succèdent. La réussite de "Derrière l'amour" fait florès et les albums à venir s'inspirent du même concept.

En 1977, sort l'album "C'est la vie". Le titre phare "J"ai oublié de vivre" est l'unique tube d'un disque qui obtient pourtant les faveurs du public.
En 1978, sort l'album "Solitudes à deux" sur lequel se trouve "Elle m'oublie". Cette chanson obtient un grand succès, comptant parmi les plus importants de la décennie et remporte un grand prix à Cannes.

En cette année 1978, Antoine avec "Les élucubrations revisited" donne une suite à son succès de 1966 et à nouveau interpelle Johnny Hallyday qui, cette fois, ne répond pas.

En 1980, Il se distingue par la reprise de "La poupée qui fait non" de Michel Polnareff et par la création de "Je ne suis pas un héros", chanson écrite par Daniel Balavoine pour Johnny Hallyday.
💔 Sylvie Vartan et Johnny divorce officiellement le 5 novembre 1980.

Depuis "Ma gueule", Johnny ne connaît plus de grand "tube" et malgré un répertoire largement renouvelé, il manque de titres marquants.
Sorti au début de l'année 1982, l'album "Quelque part un aigle" fait fi des contraintes musicales. L'album s'essaye à de nouveau thèmes, explore d'autres pistes musicales et déroute quelque peu le public.

💑 Johnny Hallyday entame une relation avec Nathalie Baye au printemps 1982. En novembre 1983 naît Laura.

Depuis la sortie de l'album "Rock'n'roll attitude" sorti en juin 1985, Johnny Hallyday est reparti très fort : il n'a jamais vendu autant de disques.

L'année 1985 voit l'arrivée du Top50, qui mesure l'impact d'un artiste à la hauteur de ses ventes (et non plus de ses classements dans les hit-parades). Ceux à venir du chanteur établissent que, de tous les artistes issus des années 1960, Johnny Hallyday résiste aux temps et aux modes et est quasiment le seul, côté ventes, à faire jeu égal avec les nouveaux venus.

Depuis 1961, le chanteur est tenu par contrat de fournir chaque année "un nombre assez important d'albums et de 45 tours".
Le nouveau patron de Philips Alain Lévy, pense que ses enregistrements devraient être moins nombreux afin de lui permettre de les peaufiner davantage. 
Alain Lévy fait appel à des auteurs et compositeurs de renom chargés d'écrire du sur mesure pour Johnny et lui permettre d'amorcer ce nouveau changement.

Au printemps 1985, Johnny enregistre l'album "Rock'n'roll attitude" écrit, composé et réalisé par Michel Berger. Le disque obtient un grand succès public et critique. De nombreux titres sont des hits et deviennent des standards de son répertoire, notamment "Quelque chose de Tennessee", qui s'impose comme l'un de ses plus grands succès. L'album fait date dans la carrière de l'artiste, il renouvelle son public désormais élargi, son image en est profondément modifiée.

Cette année 1985 voit aussi la naissance des Victoires de la musique où l'album "Rock'n'Roll Attitude écrit par Berger est plusieurs fois nommé mais ne remporte aucune Victoire.

💔 En 1986, Johnny Hallyday et Nathalie Baye se séparent.
C'est aussi la première année d'une carrière où Johnny ne se produit pas sur scène. A l'automne, il enregistre "Gang", un album écrit et réalisé par Jean-Jacques Goldman. L'album sort le 6 décembre 1986 et est certifié disque de platine en deux semaines. L'opus regorge de tube en devenir, plus encore que le précédent : "J'oublierai ton nom", "Je te promets" (dont le succès flirte avec les sommets atteints par "Que je t'aime", "Laura" (premier titre du chanteur à être diffusé en CD single), qui bat des records au Top50, où il reste classé six mois.
Il chante au palais omnisport de Paris-Bercy du 15 septembre au 4 octobre 1987.

En 1990, devant plus de 250 000 spectateurs, Johnny présente son nouveau spectacle intitulé "Dans la chaleur de Bercy". Il reprend "Honky tonk women" des Rolling stones, "Diego libre dans sa tête" de Michel Berger et pour la première fois inscrit à son répertoire "Je ne suis pas un héros".
Par deux fois au cours de l'année, Johnny est censuré : en janvier, le clip "Les vautours" considéré trop violent, et interdit à la télévision. Durant l'automne, son single "Je ne suis pas un héros" est interdit pour cause de guerre du golfe, certains y voyant une provocation.

(source : Wikipedia)

👧 Lorsque j'étais en classe de 5e au collège en 1990, la professeure de musique m'avait demandé de faire un exposé sur un musicien de mon choix. Je ne sais plus qui de mes parents m'a suggéré Johnny Hallyday. J'ai écris ma biographie avec, je pense, un livre que mon père possédait et cette fois j'ai mis les chansons dont je parlais dans mes feuilles. J'ai eu 15/20, ce n'était pas la même note que j'avais eu avec Elvis Presley mais j'étais contente quand même (de toute façon avoir plus de 12/20 c'est bien).
Mon père aimait beaucoup Johnny, qui était de sa génération. Il "a grandit" avec lui (en 1960, mon père avait 12-13 ans).
Dans les années 1980, on écoutait ensemble les chansons de Johnny et moi je dansais comme une folle sur le tapis en laine du Maroc.
La chanson "Quelque chose de Tennessee" a marqué mon esprit.

(PS : Quand j'ai réalisé ce portrait nous étions en 1990, il avait 30 ans de carrière derrière lui et 27 ans de carrière devant lui.
Et pour mon portrait actuel je m'arrête en 1991 car je n'aime pas ses chansons ensuite. Bon... ok...j'en ai rajouté 2 😁)

1960

T'aimer follement  Laisse les filles  Je cherche une fille

Depuis qu'ma môme  Souvenirs, souvenirs

1961

Il faut saisir sa chance  Viens danser le twist  Douce violence

Tu peux la prendre  Avec une poignée de terre

Toi qui regrettes  Sentimental  24 000 baisers

Une boum chez John  Kili watch  Oui mon cher

Nous les gars, nous les filles

1962

Elle est terrible  C'est le mashed potatoes  Sam'di soir

L'idole des jeunes  Laissez-nous twister  Retiens la nuit

Dans un jardin d'amour  Pas cette chanson

Serre la main d'un fou  Hey ! baby  Madison twist

1963

Les bras en croix

1964

Le penitentier  Excuse-moi partenaire  Lucille

1966

Je veux te graver dans ma vie  Cheveux longs et idées courtes

Noir c'est noir  La génération perdue  Si j'étais un charpentier

1967

Les coups  San Francisco  Hey Joe

1969

Que je t'aime  Je suis né dans la rue

1970

Poème sur la 7e

1971

Oh ma jolie Sarah

1973

La musique que j'aime

1975

Dégage  37e étage

1976

Hamlet [Prologue]  Gabrielle  Requiem pour un fou

Joue pas de rock'n'roll pour moi  Derrière l'amour

1977

J'ai oublié de vivre

1978

Elle m'oublie

1979

Ma gueule  La terre promise  Le bon temps du rock'n'roll

1980

Je ne suis pas un héros

1982

Décalage horaire  Montpellier  Mon Amérique à moi

Mercredi matin  On va vous en donner du rock

Sage pour vous  La caisse

1985

Le chanteur abandonné  Rock'n'roll attitude

Quelque chose de Tennessee

1986

Laura  Je te promets  J'oublierai ton nom

Je t'attends  L'envie

1989

Cadillac  Possible en moto  Mirador  Les vautours

1990

Diego libre dans sa tete

1991

Ca ne change pas un homme

1999

Sang pour sang

2017

J'en parlerai au diable

💜 096 - Beatles (The)

  

👨 [ 096 ]  Beatles (The)  est un groupe britannique {Liverpool, Angleterre} dont la carrière a été active de 1960 à 1970.

🎶 Beat - Folk rock - Musique expérimentale - Pop - Rock psychédélique - Rock'n'roll.

L'histoire des Beatles commence avec le groupe The Quarrymen fondé en 1957 par John Lennon.

Le 6 juillet 1957, The Quarrymen donnent un concert pour une fête paroissiale. A la fin du concert un ami commun de John Lennon et Paul McCartney les présente l'un à l'autre. McCartney prend alors une guitare et joue "Twenty flight rock" d'Eddie Cochran (1957) devant Lennon, un peu éméché mais néanmoins impressionné.
Quelques jours plus tard, Pete Shotton (membre des Quarrymen) propose à Paul de se joindre au groupe. Celui-ci n'a alors que 15 ans et accepte le rôle de guitariste soliste.
Le 18 octobre 1957, lors de sa première prestation avec The Quarrymen, Paul doit jouer le solo de la chanson "Guitar boogie" d'Arthur Smith and his Crackerjacks (1945). C'est un solo qu'il joue avec aisance en répétion, mais le trac l'empêche de le réussir sur scène.
Dans les premières semaines de 1958, Paul McCartney invite son ami George Harrison à assister à un concert des Quarrymen. George joue de la guitare et est déjà doté d'une solide expérience, ayant formé son propre groupe The Rebels avec son frère et deux amis. Lennon lui fait passer une audition pour rejoindre le groupe et est impressionné par ses talents lorsqu'il joue. En revanche, Lennon trouve Harrison trop jeune, il n'a que 14 ans. Sur l'insistance de McCartney, au mois de mars, Harrison intègre le groupe comme guitariste soliste.
En janvier 1959, les amis de lycée de John Lennon ont tous quitté la formation pour se consacrer à leurs études au Liverpool College of Art.
Maintenant ils sont trois au sein d'un ensemble à géométrie variable, avec ou sans batteur qui s'appelle tour à tour : "Japage 3", "The Rainbows" et "Johnny and the moondogs", ils jouent dans des clubs de Liverpool, ils se produisent dans un coffee club dirigé par Allan Williams qui sert d'agent au groupe débutant. Ils jouent aussi au Casbah, dirigé par Mona Best, la mère de Pete Best qui sera leur futur batteur. D'autres portes s'ouvrent ensuite...

1959-1960 > Le rock'n'roll et le beat rencontre le succès à Liverpool.

Autodidactes, influencés par le rock'n'roll et le blues noir américain, les trois garçons jouent les morceaux de rock du moment à l'oreille sans partitions. John Lennon et Paul McCartney s'associent déjà pour écrire ensemble des chansons.

John Lennon fait la connaissance de l'artiste Stuart Sutcliffe, étudiant comme lui au Liverpool College of Art. Ils deviennent rapidement de grands amis et colocataire.
En janvier 1960, Sutcliffe vient de vendre un de ses tableaux, Lennon l'encourage à s'acheter une guitare basse et à rejoindre le groupe. Stuart suggère d'adopter le nom de "Beatals", en hommage au groupe accompagnant le rockeur Buddy Holly, The Crickets". Ils utilisent ce nom jusqu'en mai 1960, avant d'adopter celui de "Silver Beatles". En août 1960, ils adoptent définitivement le nom de "Beatles", mot-valise formé à partir de beat (=rythme) et beetle (=scarabées), avant d'honorer leur premier contrat dans un club de Hambourg en Allemagne.
Norman Chapman, batteur du groupe, est né en 1937. Il est appelé au service militaire et doit quitter la formation. Paul McCartney prend momentanément le rôle de batteur mais n'apprécie pas d'être relégué à l'arrière plan de la scène. Le 17 août 1960, cinq jours avant de partir pour l'Allemagne de l'Ouest, ils auditionne Pete Best et l'engage comme batteur.

- "On a dû apprendre des millions de chansons, car on passait des heures à jouer. Hambourg, c'était notre apprentissage : apprendre à jouer devant le public." __ George Harrison.

Les Beatles effectueront cinq séjours dans les clubs de la Reeperbahn (=une avenue de 930 mètres) de Hambourg; du mois d'août à novembre 1960, de mars à juillet 1961, d'avril à mai 1962, puis deux derniers passages, avec Ringo Star cette fois, en novembre et en décembre 1962, de deux semaines chacuns.

Bruno Koschmider, propriétaire du Kaiserkeller de Hambourg, engage les Beatles sur les indications de leur agent Allan Williams. Celui-ci conduit l'ensemble à la cité hanséatique pour honorer un contrat de trois mois et demi. Pour satisfaire le public des clubs hambourgeois, les Beatles élargissent leur répertoire, souvent des titres obscurs afin de se démarquer des autres groupes, donnant des concerts physiquement éprouvant et, à l'exception de Pete Best, recourent aux amphétamines pour rester éveiller.

D'autres formations se produisent dans cette ville dont Rory Storm and The Hurricanes, dont le batteur s'appelle Ringo Starr. Les Beatles envient sa notoriété et apprécient sa compagnie. Les deux groupes partagent l'affiche de très nombreuses fois à Liverpool et se retrouvent au Kaiserkeller pendant plus d'un mois en octobre et novembre 1960.

Lorsque Koschmider apprend que les Beatles se sont produit dans un club rival, il met fin à leur contrat et dénonce George Harrison aux autorités allemandes; celui-ci a menti sur son âge et se fait expulser en Angleterre à la fin novembre 1960.
En tentant de récupérer leurs affaires dans le cinéma où ils dormaient, McCartney et Best enflamment un préservatif accroché à un mur pour produire de la lumière. Furieux, Koschmider les accuse d'avoir tenté d'incendier le local. Ils passent la nuit en prison et, le lendemain sont expulsés à leur tour. En compagnie de Sutcliffe, Lennon reste en Allemagne une semaine avant de retourner en Angleterre où il se terre pendant encore une semaine avant de reprendre contact avec ses acolytes.

A Hambourg, les Beatles rencontrent la photographe Astrid Kirchherr qui devient rapidement l'amoureuse de Stuart Sutcliffe et prend les premières photos de l'ensemble. C'est à cette époque qu'ils adoptent une coupe de cheveux caractéristique, la moptop (=la coupe "Arthur" : une coupe texturé, type bol), qui se différencie de la banane ou des cheveux des rockers, gominés et peignés en arrière.

Stuart Sutcliffe, bassiste du groupe depuis le début de l'année 1960, maîtrise mal son instrument : il se produit généralement dos au public afin que cela ne se remarque pas et "joue" même parfois sans que sa guitare soit branché à l'ampli. Il décide de rester à Hambourg avec son amoureuse et reprendre son apprentissage d'artiste peintre lorsque ses camarades regagnent l'Angleterre début juillet 1961.

L'intérêt du groupe pour sa ville natale Liverpool naît à leur retour de leur second séjour à Hambourg où ils ont acquis une solide expérience sur scène et étendu leur répertoire.
Lors d'un concert le 17 décembre 1961 dans une salle municipale de Liverpool  qui sert deux jours par semaine de dancing aux jeunes. Au moment où les Beatles se mettent à jouer avec un nouveau à la basse, le plancher de danse se vide et l'assistance, abassourdie, se presse à la scène pour les écouter et les regarder.

Paul McCartney, jusque-là guitariste au même titre que Lennon et Harrison, devient le bassiste. Sutcliffe meurt tragiquement à vingt-et-un ans le 10 avril 1962 d'une congestion cérébrale, trois jours avant que les Beatles ne reposent le pied sur le sol allemand pour un nouvel engagement au Star-Club. C'est Kirchherr qui leur apprend la nouvelle à l'aéroport de Hambourg.

"J'ai grandi à Hambourg, pas à Liverpool" dira John Lennon. Evoquant ses débuts il racontera aussi : "Quand les Beatles déprimaient et se disaient : "On n'ira jamais nulle part, on joue pour des cachets merdiques, on est dans des loges merdiques", je disais : "Où va t-on, les potes ?", et eux : "Au sommet, Johnny !" et moi : "C'est où ça ?", et eux : Au plus top au plus pop !", et moi : "Exact !" Et on se sentait mieux".
"Ce que nous avons fait de meilleur n'a jamais été enregistré. Nous étions des performers, nous jouions du pur rock dans les salles de danse à Liverpool et à Hambourg, et ce que nous produisions était fantastique. Il n'y avait personne pour nous égaler en Grande-Bretagne".

Le 28 octobre 1961, Raymond Jones un jeune client du North End Music Store (NEMS) à Liverpool visite la boutique de musique de Brian Epstein (1934-1967) et veut acheter ce single en importation. Deux jeunes filles font de même les jours suivants. Epstein contacte la maison de disques Polydor et en commande deux cents exemplaires.
A leur retour d'Allemagne, après leurs deux premiers séjours formateurs à Hambourg, les Beatles ont acquis la maturité qui leur manquait, techniquement d'abord et ensuite sur scène.
Brian Epstein est intrigué par ce groupe local dont il a le 45 tours en magasin.
Le 9 novembre 1961, il va voir les Beatles au Cavern Club de Liverpool, le café souterrain où ils se produiront près de 300 fois jusqu'au 3 août 1963. Epstein n'a aucune expérience comme manager de formation musicale, mais connaît quelques-uns des à-côtés qui mènent à la popularité d'un artiste et rève d'une carrière dans le monde du spectacle. Il propose aux Beatles de devenir leur manager et un contrat est signé le 24 janvier 1962. Epstein devient rapidement un mentor et un ami; il les propulse au rang de musiciens professionnels. Afin de gommer leur image de sauvages, il leur fait abandonner les vêtements en cuir au profit de complets-vestons, il leur suggère de s'incliner en fin de spectacle pour saluer le public.
En décembre 1961, Epstein apprend que les Beatles ont quelques chansons originales en poche mais tarde à les jouer régulièrement sur scène. On ne sait pas s'il les a encouragé à les jouer, mais c'est à partir de ce moment que les musiciens intègrent ces chansons dans leur répertoire.
Le 27 décembre 1961, les Beatles organisent "The Beatles' Christmas Party" au Cavern Club invitant 2 autres ensembles à partager la scène. Pete Best est absent, malade à la maison et le groupe fait appel pour la première fois à leur ami Ringo Starr afin de le remplacer. John, Paul et George sentent bien que leur nouveau batteur complète bien le groupe à sa façon de jouer et à son attitude hors scène.

Brian Epstein commence à prospecter les maisons de disques à Londres dès 1961. Il multiplie les tentatives auprès des grandes compagnies discographiques mais sans succès. EMI refuse mais Epstein réussi à obtenir pour les Beatles, une audition chez Decca. Le 1er janvier 1962, la formation, très nerveuse, enregistre quinze titres dans un studio très froid et le résultat est bien en deçà des attentes. Le directeur artistique Dick Rowe refuse de les prendre en main. Rowe sera par la suite surnommé dans le milieu : "The man who turned down the Beatles" ("l'homme qui rejeta les Beatles").
Brian Epstein obtient la permission de garder ces enregistrements de bonne qualité sonore, pour pouvoir les faire écouter à d'autres producteurs potentiels. Il se rend au magasin de disques HMV sur Oxford Street à Londres pour demander conseil à une connaissance qui y travaille et celle-ci lui suggère de faire presser des disques 78 tours de ces chansons pour pouvoir facilement les écouter.

Le 5 mai 1962, Un télégramme envoyé par Brian Epstein à Hambourg durant leur troisième passage, annonce au groupe qu'ils auront un contrat d'enregistrement avec EMI. Aussitôt Lennon et McCartney achèvent l'écriture de "Love me do".
Le 9 mai, Epstein fait signer un contrat où il est stipulé que six chansons seront enregistrées par EMI, qui financera le tout. Le label sera propriétaire des enregistrements, mais ne donnera aucune avance sur les redevances. Le contrat a une durée de quatre ans d'engagement pour le groupe, mais d'un an pour EMI, renouvelable à chaque anniversaire, et est valable pour le monde entier, avec des redevances réduites de moitié par rapport à celles perçues en Angleterre. Dans les faits, si par "miracle"le groupe vendait un million d'exemplaires d'un single, ses royalties seraient de 750 Livres au Royaume-Uni, et de 375 Livres aux Etats-Unis pour chaque membre de la formation et leur manager.

De cette époque "avant la gloire", des enregistrements rares et marginaux des Beatles ont été très recherchés, et notamment ceux qu'ils ont réalisés à Hambourg, publiés par Polydor avec Tony Sheridan, ainsi que les "bandes Decca".

6 juin 1962. Lennon, McCartney et Best arrivent aux studios EMI de Londres situés au 3, Abbey Road pour leur test d'artistes. C'est leur première visite dans ces studios, qu'ils vont rendre mondialement célébres. Ils enregistrent "Besame mucho", "Love me do" et "PS, I love you".
Ce même jour, George Martin et sson assistant Ron Richards discutent encore du nom du groupe : "John Lennon and the Beatles" ou "Paul McCartney and the Beatles", bien que ce nom entomologique ne leur plaise pas. Martin réalise qu'avoir simplement le nom "The Beatles" est une nouveauté dans la musique populaire, il fera parfaitement l'affaire.
"Love me do" plaît à Ron Richards mais il n'aime pas le jeu de Pete Best qui peine à garder un tempo constant. Martin est d'accord : à la prochaine séance il y aura un autre batteur studio.
Craignant de devoir toujours enregistrer avec des batteurs inconnus, John, Paul et George saisissent l'occasion de se séparer de Best en août 1962, pour le remplacer par Ringo Starr avec qui les affinités sont plus grandes.
Richard Starkey (Ringo Starr) a quitté l'école à 15 ans sans diplôme mais il est passionné par la musique. A 16 ans le nouveau conjoint de sa mère lui offre une batterie. Ricky se bâti rapidement une solide réputation comme batteur à Liverpool. Il adopte son nom de scène en 1959 alors qu'il est dans le groupe "Rory Storm and the Hurricanes".
Le 18 août 1962, Starr prend officiellement son poste de batteur au sein des Beatles. Mais l'éviction abrupte de Best n'est pas sans conséquence.

-"On avait joué au Cavern Club et les gens hurlaient "Pete the best" ("Pete est le meilleur !"), "Ringo never, Pete forever !" (Ringo jamais, Pete à jamais !". C'était devenu lassant, et je me suis mis à les engueuler. Après le concert, nous sommes sortis des loges, nous sommes entrés dans un tunnel tout noir, et quelqu'un m'a balancé un coup de poing au visage. Je me suis retrouvé avec un oeil au beurre noir. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour Ringo !" __ George Harrison.

La seconde séance d'enregistrement a lieu le 4 septembre 1962. George Martin décide de ne pas inviter de batteur studio afin de pouvoir entendre Ringo Starr. Starr est très nerveux et ne l'impressionne pas.

Le 5 octobre 1962, sort le disque "Love me do" (face A) et "P.S. I love you" (face B). Malgré un accueil plutôt tiède, la face A atteint le 17e rang au palmarès britannique, avec 17 000 copies vendues.
Ce n'est pas encore la "Beatlemania", mais il s'agit là d'une grande satisfaction pour le groupe particulièrement au moment où le titre passe à la radio.
Du 1er au 15 novembre 1962, les Beatles retourne, à contrecoeur, à Hambourg pour un quatrième séjour, la première fois avec Ringo Starr.
"You don't need me to show the way, love" ("Tu n'as pas besoin que je te montre comment faire, chérie") est propulsé au premier ou au secong rang. Le succès est indéniable et les Beatles obtiennent ainsi l'occasion d'enregistrer un album complet le 11 février 1963.

L'image soignée et professionnelle des Beatles passe aussi par la création d'un logo rapidement reconnaissable. Un premier logo en lettres incursives avec des antennes d'insectes sur un "B" stylisé, suivant les indications de Paul McCartney, est momentanément utilisé sur la grosse caisse de la batterie.
Ce logo, adapté en "les Beatles", se retrouve sur les pochettes française de plusieurss EP et de quatre albums.

Partie de Liverpool __ où ils continuent jusqu'au 3 août 1963 à enflammer le Cavern Club __, la popularité des Beatles se répand dans tout le Royaume-Uni, qu'ils sillonnent inlassablement, y effectuant quatre tournées cette année-là (avec Helen Shapiro, Chris Montez/Tommy Roe et Roy Orbison).

"She loves you" est classé n°1 des ventes de singles en septembre. "She loves you" et son fameux "yeah yeah yeah !" rend les Beatles célèbres dans toute l'Europe.

Leur passage, le 13 octobre 1963, dans le très populaire show télévisé "Sunday night at the palladium" marque le début du phénomène que la presse britannique baptise "Beatlemania"; disquaire pris d'assaut, presse déchaînée, ferveur généralisée, jeunes filles surexcitées ou en transe... Les quatre garçons se produisent sans relâche de ville en ville au Royaume-Uni et puis une tournée hors frontières en Suède.

En 1963, John Lennon et Paul McCartney écrivent tout le temps, n'importe où __ dans les bus qui les amènent sur leur lieu de concert, dans leurs chambres d'hôtel, dans les coulisses avant de monter sur scène __, dans l'urgence, avant d'enregistrer, autant de titres qui vont marquer leur histoire et celle de la musique rock.

La maison de disques américaine associée à EMI affiche un mépris pour ce qu'elle ne pense n'être qu'un phénomène passager et tarde à publier les disques du groupe. Le 45 tours comprenant "I want to hold your hand" et "I saw her standing there" fait connaître les Beatles aux Etats-Unis. 
"I want to hold your hand" déclenche la "Beatlemania", version nord-américaine, et agit en précurseur à ce qu'on appellera la "British invasion". 
La "Beatlemania" qui avait débuté au Royaume-Uni et traversé la Manche se propage de l'autre côté de l'Atlantique et dans le monde entier.

A l'avènement de leur gloire internationale, c'est à l'Olympia de Paris que les Beatles ont joué le plus longtemps au même endroit : ils y jouent durant trois semaines du 16 janvier au 4 février 1964, à raison d'un, deux ou trois shows quotidiens, soit 41 apparitions en tout (en excluant les prestations au Star-Club de Hambourg et au Cavern Club de Liverpool). L'affiche est imposante et donne tout son sens au mot "Music-hall": Daniel Janin et son orchestre, Pierre Vassiliu, Larry Griswold, Roger Comte, Gilles Miller et Arnold Archer, Trini Lopez, Sylvie Vartan et les Beatles, passant à chaque fois en dernier.
Les passages des Beatles sont assez courts, ils ne jouent à chaque fois que dix titres. La surprise pour eux, est que la salle est composée en majorité de garçons, et qu'ils n'entendent pas, pour une fois, les cris féminins stridents qui les accompagnent d'habitude. Les "4 garçons dans le vent" conquièrent le public.
C'est à Paris que les Beatles apprennent qu'ils obtiennent leur premier numéro 1 aux Etats-Unis : "I want to hold your hand". Cette nouvelle provoque une grande scène de joie collective dans leur chambre d'hôtel.

-"Nous savions que l'Amérique ferait de nous des vedettes mondiales ou nous détruirait. En définitive, elle nous a faits". __ Brian Epstein.

EMI ayant enfin persuadé sa filiale américaine d'user de son pouvoir promotionnel et de publier les disques des Beatles, le single inédit "I want to hold your hand / I saw her standing there" est publié le 26 décembre 1963 par Capitol Records.
Ce qui n'était qu'un phénomène européen se propage maintenant aux Etats-Unis. Avant le congé de Noël, les Beatles sont pratiquement inconnus des élèves américains. Au retour, après un grand battage publicitaire et du succès de ce 45 tours, les Beatles sont sur toutes les lèvres. Avec l'aguichant "The Beatles are coming!" (Les Beatles arrivent!"), l'anticipation de leur arrivée en février 1964 croît de jour en jour. Le 1er février, l'album "Meet the Beatles!" atteint le sommet du Billboard 200 rapidement suivi de "Introducing...The Beatles" à la deuxième position.
Au moment où ils arrivent dans le Nouveau Monde, c'est une foule de plus de 10 000 fans qui est à l'aéroport J-F Kennedy de New-York le 7 février 1964. Plus de 73 millions de personnes assistent en direct à leur première prestation télévisée lors du Ed Sullivan show diffusé sur CBS le 9 février. Une audience record pour l'époque, qui reste de nos jours une des plus élevées de l'histoire. Certains médias iront jusqu'à affirmer que cet évènement télévisuel a redonné le moral au pays, encore profondément traumatisé, 77 jours après l'assassinat du Président Kennedy.
Une première tournée de 26 dates est rapidement organisée à travers les Etats-Unis, qui va se dérouler à guichets fermés, marquée d'une hystérie totale, du 19 août au 20 septembre 1964. C'est durant cette tournée estivale que les Beatles rencontre Bob Dylan, et que ce dernier leur fait essayer la marijuana pour la première fois. Une découverte qui a une importance incontestable dans l'évolution de leur musique.
L'histoire d'amour entre les Beatles et les Etats-Unis, où ils enchaînent les numéros 1 en1964 et 1965, trouve un point d'orgue le 15 août 1965 en ouverture de leur seconde tournée en Amérique. The Beatles est le premier groupe rock à se produire dans un stade, le "Shea Stadium" de New-York, devant 56 000 fans déchaînés. 
Les contrats signés en 1965 par les Beatles pour qu'ils se produisent dans les arènes nord-américaines stipulent qu'ils refusent de jouer devant un public ségrégationniste. Déjà, le 11 septembre 1964, le groupe avait publiquement déclaré son refus de se produire à Jacksonville en Floride tant que le public noir ne serait pas en mesure de s'asseoir n'importe où sans restricion.

Pionniers de la "British Invasion", terme utilisé aux Etats-Unis pour décrire la prédominance des groupes pop rock anglais __ comme les Rolling Stones, les Who ou les Kinks __ au milieu des années 1960, les Beatles seront abonnés aux premières places des classements américains jusqu'à la fin de leur carrière. Ils détiennent toujours aujourd'hui un record absolu avec 209 millions d'albums vendus sur ce seul territoire.

-" La musique n'a plus jamais été la même depuis lors". affirme la RIAA (Recording Industry Association of America).

La "Beatlemania" bat toujours son plein en 1965 lorsque sort l'album "Help". La chanson mythique de Paul McCartney "Yesterday" deviendra l'air le plus diffusé et le plus repris du XXe (20e) siècle. Plus de 40 ans plus tard, Paul mesure sa chance d'avoir rêvé cette chanson, de s'en être souvenu au réveil, qu'elle fut bien de lui et qu'elle ait connu cet incroyable succès (*en 2017, plus de 2 200 reprises). Elle est exclue de la version nord-américaine de "Help" publiée par Capitol Records.
L'album "Help" atteint le sommet des ventes et "Yesterday" publiée en single passera quatre semaines à la tête bu Billboard Hot 100.

John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr seront décorés de la médaille de l'Ordre de l'Empire britannique (MBE) par la reine Elisabeth II le 26 octobre 1965.

Un soir d'avril 1965, un ami dentiste de George Harrison et de John Lennon charge leur café d'une substance pas encore illicite : le LSD. Les deux Beatles découvrent donc cette drogue à leur insu, mais John va en devenir un gros consommateur pour au moins les deux années suivantes. Les quatre membres de la formation vont l'essayer, et d'une façon générale, la musique et les paroles des Beatles vont encore évoluer sous l'influence de cette substance hallucinogène.
Leur musique est devenue plus élaborée; les techniques d'enregistrement studio sont en progression. Leur immense succès est la garantie pour eux d'une liberté de plus en plus grande dans la création et la possibilité de bousculer les codes en vigueur.

La plus sérieuse émulation pour les Beatles vient d'outre-Atlantique : Si les Rolling Stones commencent tout juste à émerger en adoptant volontairement une attitude de "mauvais garçons", et un son plus brut. Ce sont les Beach Boys qui leur opposent les qualités les plus grandes en termes d'harmonies vocales, de recherches mélodiques et de techniques d'enregistrement.
Les musicologues s'accordent généralement à dater la naissance de la "pop" de cette émulation entre les deux groupes en 1965-1966.

Jusqu'en 1966, les Beatles enchaînent, à un rythme très soutenu, les tournées, les apparitions médiatiques, l'écriture, les séances d'enregistrement de leurs singles et albums. Mais plus leur succès grandit, plus leurs prestations publiques se déroulent dans des conditions impossibles. Ne voulant ou ne pouvant pas contrôler les foules à l'extérieur pendant que le groupe joue dans une salle trop petite, les autorités, particulièrement américaines, insistent qu'ils se produisent dans des salles ou des espaces en plein air de plus en plus grands, réunissant des dizaines de milliers de spectateurs. Mais les moyens de sonorisation sont encore balbutiants, et surtout, les quatre musiciens se produisent sous les cris stridents des fans, qui couvrent complêtement leur musique. Au point qu'ils ne s'entendent pas jouer et se rendent compte que le public ne les entend pas non plus.
Lors de leur passage à Tokyo au Japon, 209 000 billets ont été vendus. ces concerts se passent dans une ambiance étouffante. Les Beatles doivent demeurer cloîtrer dans leur hôtel et bénéficient de la plus grande protection policière jamais vue au XXe (20e) siècle pour un groupe ou un artiste avec un dispositif de 35 000 fonctionnaires mobilisés. 

Après cette série de concerts dans la capitale japonaise, ils arrivent à Manille aux Phillippines où ils passent tout près d'un lynchage, pour avoir snobé à leur arrivée, une réception donnée en leur honneur par l'épouse du dictateur Ferdinand Marcos, la veille de leurs concerts du 4 juillet 1966. Le groupe répondra qu'il n'avait reçu aucune invitation, ce qui n'empêchera pas la presse locale de se déchaîner ni les Phillipins d'envoyer des menaces d'attentat et de mort. Toute protection policière leur est retirée lorsqu'ils repartent, une foule hostile les attend à l'aéroport, ils sont agressés, parvenant difficilement à leur avion qui va rester bloqué sur la piste, le temps que leur manager Brian Epstein en soit débarqué pour aller se faire délester de la recette des quelque 100 000 billets vendus pour leurs deux concerts.

Cette énorme frayeur les décide déjà à tout arrêter, mais il leur reste des dates estivales à honorer aux Etats-Unis. Là-bas, ils subissent les conséquences de la tempête provoquée par les paroles de John Lennon à propos du christianisme. Ils reçoivent des menaces, notamment du Ku Klux Klan, et craignent pour leur sécurité, alors qu'ils se produisent dans des stades dans des conditions déplorables. Ils n'en peuvent plus.
Le 29 août 1966, ils sont à San Francisco pour la dernière date de la tournée américaine. Onze titres interprétés en un peu moins de 35 minutes, sur une scène entourée de grillages, au milieu d'une pelouse où la chasse policière aux fan déchaînés bat son plein, devient leur dernier concert tout court.

-"A Candlestick Park, on s'est dit que tout ça devait s'arrêter. On pensait que ce concert à San Francisco pourrait bien être le dernier, mais je n'en ai été vraiment certain qu'après notre retour à Londres. John voulait laisser tomber plus que les autres. Il disait qu'il en avait assez." __ Ringo Starr.

L'arrêt des tournées marque une première fissure dans la carrière des Beatles, partant du principe qu'un groupe de rock'n'roll qui ne joue plus sur scène n'est plus vraiment un groupe.

Adieu les tournées et les costumes "uniformes". A la fin de l'année 1966, les Beatles s'installent à temps plein dans les studios EMI d'Abbey Road, et vont en exploiter toutes les possibilités. C'est le début de la période "les années studio", caractérisées par une considérable progression de leur créativité. Les quatre musiciens s'amusent à coller des bouts de chansons, à créer des boucles de rubans, à lancer des bandes de musique sur la table et à les recoller au hasard, à passer des morceaux à l'envers.

L'album "Sgt Pepper's lonely hearts club band" sort le 1er juin 1967. Considéré par beaucoup comme leur chef-d'oeuvre, il sera reconnu comme la meilleure oeuvre rock de tous les temps dans plusieurs listes établies comme celle de Rolling stone magazine en 2003. D'autre y voient un album d'adieu. Cet album marque en tout cas leur carrière et toute une génération.
"Penny Lane" et "Strawberry fields forever" sont les premières chansons a être enregistrées. EMI et Brian Epstein pressent George Martin de sortir un single pour l'hiver et ce dernier livre à contrecoeur ces deux chansons qui sont les plus avancées. En conséquence, ces deux titres ne sont pas inclus sur l'album à venir. Ils n'atteignent pas le n°1 du palmarès britannique, et george Martin a considèré cette décision de les avoir isolés comme une "épouvantable erreur". 
"Sgt Pepper's lonely hearts club band" fait école et tous les autres groupes majeurs de l'époque (les Rolling Stones, les Who, les Kinks, les Moody Blues, les Aphrodite's Child et bien d'autres) voudront aussi sortir leur "album-concept". L'album fait date dans l'histoire de la musique pop rock : jamais un groupe n'avait disposé d'autant de temps, de moyens et de liberté pour enregistrer un album.

Le 25 juin 1967, les Beatles se produisent devant plus de 400 millions de télespectateurs à travers le monde, à l'occasion de la toute première émission diffusée par satellite en "Mondovision", ils interprètent "All you need is love", une chanson spécialement composée pour l'occasion par John Lennon. Le triomphe est total. Le 45 tours publié le 7 juillet 1967 s'installe directement à la première place des classements (charts) et y reste trois semaines.

Le 24 juillet, paraît en pleine page dans "The times" une pétition financée et signée par les quatre Beatles et leur manager intitulée "La loi interdisant la Marijuana est immorale en principe et inaplicable en pratique", un appel contre la prohibition en vigueur depuis l'instauration du Dangerous drug act en 1965.
Mais c'est durant ce fameux "Summer of love" (=l'été de l'amour) que Brian Epstein est retrouvé sans vie dans sa maison à l'âge de 32 ans, à la suite d'une surdose accidentelle de barbituriques le 27 août 1967. La disparition de leur manager les laisse totalement désemparés et marque une nouvelle fissure dans leur carrière.

C'est aussi à cette époque que Paul McCartney prend clairement les rènes du groupe, un rôle laissé vacant par John Lennon. Dés lors, Paul est à l'origine de la plupart des projets, la majorité des n°1 ultérieurs des Beatles sont son oeuvres, et il n'a de cesse de lutter contre la démobilisation progressive des autres membres du groupe.

A l'hiver 1968, John Lennon se rapproche de l'artiste d'avant-garde japonaise Yoko Ono qui lui écrit quotidiennement lorsqu'il se trouve à Rishikesh, avec son épouse Cynthia. John tombe amoureux de Yoko et consomme son amour avec elle. Il délaissent Cynthia et son fils Julian qui n'a que cinq ans. Et les Beatles ne reverront quasiment plus John.

En mai 1968, les Beatles enregistre less chansons de ce que l'on appellera "l'album blanc", un des premiers doubles albums de l'histoire de la musique populaire.
Ces séances à Abbey Road sont tendues, la présence de Yoko Ono dans le studio, aux côtés de John, perturbe les autres musiciens. L'ambiance se dégrade. Geoff Emerick décide même de quitter sa position d'ingénieur du son pour les Beatles qu'il tient depuis 1966. Il raconte plus tard : -"Le groupe se désintégrait sous mes yeux. C'était horrible, comme assister à un divorce entre quatre personnes".
Chacun enregistre souvent séparément et se sert des autres comme "musiciens de studios" sur ses propres compositions.

Ce qu'en dit Ringo témoigne bien de l'atmosphère qui règnait lors des séances :

-"Je suis parti parce que j'éprouvais deux sentiments : celui de ne pas très bien jouer et celui que les trois autres étaient vraiment heureux et que j'étais un étranger. Je suis allé voir John. [...] Je lui ai dit : "Je quitte le groupe parce que je ne joue pas bien. Parce que j'ai l'impression de ne pas être aimé, d'être exclu. Alors que vous êtes tellement proches tous les trois". John m'a répondu : "Je croyais que c'était vous trois qui étiez très liés !". Je suis ensuite allé voir Paul et je lui ai dis la même chose. Paul m'a répondu : "Je croyais que c'était vous trois !" Je n'ai pas pris la peine d'aller voir George, j'ai dit : "Je pars en vacances". J'ai pris les gosses et je suis parti pour la Sardaigne".

Lorsque Ringo Starr revient dans les studios d'Abbey Road, il découvre sa batterie couverte de fleurs.

Sorti le 22 novembre 1968 "L'album blanc" est salué comme une grande réussite et connaît un immense succès commercial. Le public est cependant déconcerté par "Revolution 9", un long collage sonore expérimental de plus de huit minutes, réalisé par John Lennon et Yoko Ono. George Martin et les trois autres Beatles supplient John de retirer ce titre du disque, en vain.

Les séances du projet "Get back" qui aurait dû donner son titre à l'album en préparation se passent mal. Les tensions initiées lors des séances d'enregistrement de l' "album blanc" renaissent dans les froids studios de cinéma de Twickenham, à des heures matinales. La présence constante de Yoko Ono n'arrange pas l'ambiance, tout comme le "dirigisme" de Paul. Ils jouent beaucoup et de façon désordonnée et sans conviction. John Lennon apparaît largement démobilisé, George Harrison est de plus en plus excédé. Après Ringo, c'est lui qui quitte le groupe, le 10 janvier 1969, revenant toutefois une semaine plus tard. Son ressentiment, sa frustration de rester, en tant que compositeur, à l'ombre du tandem Lennon/McCartney et de se voir fréquemment refuser des chansons qu'il aimerait voir placées sur les disques du groupe, ne cessent de s'accentuer.

Depuis quelques mois, les Beatles se sont sévèrement disputés autour de la nomination de leur nouveau manager entre Allen Klein et Lee Eastman. 
Allen Klein est soutenu par John, George et Ringo 
Lee Eastman est soutenu par Paul, qui est le père de son épouse Linda.
Contrairementà la tradition au sein du groupe qui dicte que les décisions doivent être unanimes, Klein, que Paul déteste et qui refuse de poser sa signature sur le contrat qui le lie aux Beatles, devient leur dernier manager.

Contrairement à la politique que les chansons déjà publiées sur un album ne sortent pas en 45 tours, Klein initie la sortie du single "Something/Come together" qui va occuper partout la tête des palmarès. Le 33 tours "Abbey Road" restera, à partir du 4 octobre 1969, 17 semaines n°1 en Angleterre.

Le 20 septembre 1969, au retour d'un concert à Toronto (Canada) avec le naissant Plastic Ono Band, Lennon annonce aux trois autres Beatles qu'il quitte définitivement le groupe lors d'une réunion mouvementée.

Pour couronner le tout, les Beatles perdent la propriété de tout leur catalogue de chansons. La maison d'édition Northern Songs (fondée par Brian Epstein, les Beatles et Dick James) était détenue à 51% par Brian Epstein à travers sa société NEMS. Une fois ce dernier disparu, sa famille et Dick James, éditeur des Beatles et administrateur de Northen Songs depuis les débuts en 1963, décident de vendre en 1969 à l'empire ATV (Associated Television), sans que les Beatles ne puissent rien faire.
Un déboire qui pèse aussi de tout son poids dans l'ambiance délétère menant à la dissolution. C'est ce catalogue détenu par ATV que Michael Jackson rachètera pour 47.5 millions de dollars en 1985.

(source : Wikipedia)

👧 Je me souviens d'avoir lu un livre en anglais sur les Beatles lorsque j'étais au collège, lorsque j'étais en 3e, je ne me souviens plus trop.
Mais c'est quand j'ai eu une trentaine d'années que je me suis "plongée" dedans. Mais ce n'était pas vraiment mon "bidule". Je sais bien que c'est un groupe iconique et qu'en disant cela, je peux me faire des ennemis.
Ma chanson préférée s'appelle "Something".

1962

Love me do

1963

Twist and shout  She loves you  I want to hold your hand

1964

Things we say today  Can't buy me love

A hard day's night

1965

Yesterday  Ticket to ride  Michelle  Help ! Drive my car

1966

Yellow submarine  Eleanor Rigby

1967

Strawberry fields forever  Penny Lane

Lucy in the sky with diamonds  Hello goodbye

All you need is love  With a little help from my friends

1968

Revolution  Ob-la-di Ob-la-da  Lady Madonna

Hey Jude  Back in the USSR

1969

Something  Here comes the sun  Come together

Don't let me down

1970

Get back  Let it be